Bienvenue dans un nouvel articledu O dans TOC.

Aujourd’hui, on va parler d’un spectacle qui me tient particulièrement à cœur.

Le dimanche 25 janvier, j’ai eu le plaisir d’assister à la première représentation du tout nouveau spectacle Agatha, la musicale.

Agatha, la musicale est une comédie musicale originale portée par la Musicale de Plume en scène, une troupe de comédie musicale semi-professionnelle issue de l’association où je pratique moi-même la comédie musicale et la chorale.

Donc oui, j’ai beaucoup d’amis dans la pièce, et en plus j’ai participé à en faire la communication, mais je saurai me montrer impartiale.

Il s’agit du tout premier spectacle écrit par la chanteuse Kimra et Morgane Lardennois.

La mise en scène est signée Kimra, Morgane Lardennois et Clémentine Marcès,

l’encadrement vocal par Kimra et Maëva Gillot,

et les chorégraphies par Kimra, Morgane Lardennois et Christopher Ferreira.

👉 Mention spéciale à Sidney Boissis, qui vient tout juste de rejoindre la troupe en tant que swing, et qui ne s’attendait pas à monter sur scène dès la première représentation… mais qui a malgré tout assuré avec brio !

👉 Mention spéciale également à Flora Deghani-Azar, dans le rôle de Mademoiselle Rose. Elle a rejoint la Musicale très jeune en tant que danseuse, et aujourd’hui, elle propose un jeu solide et une très belle maîtrise vocale.


Histoire et enquête

L’histoire est très bien construite. Les différents événements et éléments de l’enquête sont amenés de façon fluide et cohérente.

On est tenus en haleine jusqu’au bout : on ne comprend pas immédiatement qui est le meurtrier, quel est son mobile, ni quels sont les liens exacts entre les personnages.

Mais progressivement, tout s’imbrique. Les réponses arrivent au bon moment, de manière logique et satisfaisante.

Il y a une seule scène que je n’ai pas trouvé claire : celle entre Agatha jeune et son père. Malgré la photo dans les mains d’Agatha adulte, quelque chose dans le jeu, peut-être aussi dans l’apparence de Frédérick Miller n’était pas lisible pour moi. On ne comprend qu’avec les dernières paroles de la chanson qu’il s’agit du père d’Agatha.

L’univers d’Agatha Christie est mis au goût du jour, notamment à travers le personnage du Révérend Olive, qui vient questionner les remarques racistes et sexistes du Colonel Moutarde.

Le dénouement m’a particulièrement plu : une conclusion digne d’un bon feel good movie, avec une résolution pour l’ensemble des personnages. Et, de manière subtile, l’histoire se referme surtout sur les femmes de la pièce, qui connaissent les fins les plus heureuses.

Enfin… pas toutes toutes. Mais je n’en dirai pas plus.


Rythme et construction

J’ai tout de même ressenti quelques longueurs.

  • D’abord, le texte pourrait parfois être légèrement allégé. Cela dit, il n’y a jamais de véritable temps mort : les tableaux sont vivants, et chaque comédien et comédienne reste pleinement investi, même quand l’attention n’est pas focalisée sur lui ou elle.
  • Ensuite, surtout dans la mise en place de certains numéros musicaux : les introductions instrumentales sont parfois longues, et on voit distinctement les artistes se placer avant de commencer à chanter et danser.

Le premier acte est globalement plus lent, ce qui s’explique par la présentation des personnages et l’installation des intrigues.

Un vrai changement de rythme s’opère avec l’entrée de l’inspecteur Japp à la fin de l’acte. Sabine Montout est excellente dans ce rôle, qui porte avec énergie les scènes de jeu dans lesquelles elle apparaît.

De manière générale, l’acte II est bien plus soutenu, on est totalement happés par l’enquête.

👉 Mention spéciale au jeu remarquable de Maëva Gillot dans la scène où Yvette est seule sur scène sans prononcer un seul mot.

👉 Mention spéciale au jeu hilarant d’Eolyne Savary, dans le rôle de l’assistant de l’inspecteur Japp, qui imite l’inspecteur Japp.


Musique et numéros

Les numéros de groupe, en particulier, sont très bien écrits.

Le découpage entre les personnages et les superpositions de voix fonctionnent à merveille. Elles vous restent coincées dans la tête bien après le spectacle.

Certaines chansons solo m’ont en revanche semblé un peu en dessous en termes d’écriture des paroles, notamment parce que les rimes ne sont pas toujours présentes. Question de sensibilié personnelle, mais pour moi c’est quelque chose d’important

👉 Mention spéciale au Colonel Moutarde de François-Marie Franck, qui interprète ma chanson solo préférée du spectacle.

👉 Mention spéciale aussi aux notes beltées d’Anaïs Caviale, dans le rôle de la jeune Agatha — parce qu’elles méritent toujours d’être mentionnées.


Chorégraphies

L’ensemble est vraiment très bon, et il est utilisé à bon escient.

Les chorégraphies servent parfaitement les tableaux dans lesquels elles s’inscrivent. Elles sont souvent simples, mais ponctuées de quelques mouvements plus techniques qui font la différence.

👉 Mention spéciale au porté de Morgane Lelay par Eolyne Savary.

👉 Mention spéciale au moment où Christopher Ferreira et Léa Baugé dansent en duo, pour le bon vieux temps où on faisait tous du théâtre ensemble.


Décors et costumes

Les costumes sont un véritable régal pour les yeux.

Le thème du Cluedo permet des tenues très marquées et très colorées pour les personnages principaux.

Les costumes noir et blanc du personnel de maison sont particulièrement intéressants : les masques sont élégants, et dans ces tenues, les comédiens deviennent presque des ombres en toile de fond.

Les costumes marron des inspecteurs sont eux aussi très réussis. L’ensemble s’intègre parfaitement à l’univers visuel du spectacle.

Les décors, bien que peu nombreux, sont très efficaces et pensés dans les moindres détails, avec notamment des photos des comédiens dans leurs rôles.


Mon seul regret concerne la configuration de la salle : les sièges étant tous à la même hauteur, la tête de la personne devant moi m’a empêchée de voir certains détails dont on m’a parlé après le spectacle.

Autant dire que j’ai très hâte de revoir la pièce dans une autre salle, et cette fois-ci en connaissant déjà le dénouement, afin de repérer encore plus d’indices et de subtilités.


Alors, est-ce que ça vous a donné envie de découvrir Agatha, la musicale ?

RDV les 4 et 5 avril au conservatoire de Savigny-sur-Orge.

Prochaines dates dans Paris à venir.

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