La Cité de l’histoire à La Défense : l’histoire d’une France d’extrême-droite

7 minutes

La Cité de l’Histoire à la Défense, ça vaut le coup ?

J’ai visité la Cité de l’Histoire, musée interactif situé à la Défense. Il est très très bien noté sur Google Maps et d’autres sites, mais pour le O dans TOC, la condamnation est sans appel !

L’accueil du musée

Dès l’entrée du musée, l’ambiance m’a parue étrange. Pas de vigile à la porte, alors qu’il est affiché que le contrôle des sacs est obligatoire. Grand hall sombre avec de la moquette et le bureau d’accueil au fond. On dirait le début d’un film d’horreur dans un hôtel américain…

Ensuite, on s’enfonce sous Paris pour trouver le musée en lui-même. C’est tout petit ! On se retrouve devant une barrière de sécurité fermée, et personne pour ouvrir.

Au bout de plusieurs minutes, on nous laisse finalement entrer. Comme le prochain film immersif commence bientôt, on patiente en regardent une petite exposition sur l’histoire de l’Egypte. Propos simples et installation en Playmobils, ça semble adapté à tous les jeunes enfants présents dans le musée.

Film Christophe Colomb

Rapidement, un comédien apparait pour introduire un film immersif sur Christophe Colomb et nous faire entrer dans la salle de projection, l’Ellispe 360. A partir de là, l’expérience ne fait que se dégrader.

Le comédien joue une scénette avec 2 camarades. Ils parlent trop bas, n’articulent pas, le son des micro est mauvais, les comédiens parlent vite alors qu’ils disent des choses compliquées, et il se coupent la parole comme s’ils n’avaient pas répété. La scénette se compose de 2 parties : l’action principale et un narrateur externe. Mais la différence entre les deux est à peine marquée. En tant que comédienne amateure, oui, mais de très longue date, laissez-moi vous dire que ce n’est pas comme ça qu’on met en scène une narration compréhensible.

Bref, on n’y comprend rien, et en plus c’est trop long. Nous, adultes, avons rapidement décroché. Alors des enfants…

Ca y est on passe au film. Le comédien narrateur annonce Christophe Colomb et nous incite à l’applaudir. Non merci, on n’applaudira un colonisateur…

C’est donc un film immersif, il est projeté à 360° sur tous les murs de la salle ronde et utilise le vidéo-mapping. Enfin, c’est censé être immersif.

Selon sa définition, le mot immersif, désigne une expérience où l’utilisateur est entièrement absorbé dans un environnement ou une narration. Cela implique une immersion sensorielle, où l’audio et la vidéo travaillent ensemble pour créer une illusion de réalité.

Mais dans les films de la Cité de l’Histoire, la grande majorité du temps, on n’est pas transportés dans une illusion de réalité. Par moment il y a de très jolis video-mapping, c’est-à-dire des vidéos qui s’adaptent à la surface sur laquelle elles sont projetées. Par exemple là où se trouve la porte de la salle de projection, on va projeter la porte de la caravelle de Christophe Colomb.

Donc oui, le décor de bateau et un autre décor d’île sont immersifs. Mais c’est tout. Le reste du temps, on voit des portraits, la caravelle qui navigue au loin, des textes… Et les images ne correspondent pas toujours à ce qui est dit par la voix off. Voix off qu’on ne comprend toujours pas bien, puisque le son est toujours mauvais et les informations toujours trop compliquées.

En général, dans un film à destination des enfants, si on projette des portaits de marins, on donne leurs noms. Si on parle d’un type de gouvernail avec un nom spécifique, on montre le gourvenail. Mais pas à la Cité de l’Histoire.

La salle est d’enfants de primaire et même d’un groupe de maternelle, mais le film se conclut sur un texte long, qui n’est pas lu par la voix off et qui est écrit dans une police illisible pour un lecteur débutant.

Et on vente à nouveau les mérites de Christophe Colomb, sans jamais parler de colonisation, mais seulement de découverte et de gentils autochtones qui partagent leur nourriture. J’ai vu la comédie musicale Pocahontas pour les jeunes enfants. Je vous assure qu’on peut faire mieux.

Film Jour J

On passe au 2ème film sur le D-Day, le jour du débarquement des alliées en Normandie. Je ne supporte pas les images de guerre, mais puisque le musée cible les enfants, ça devrait aller, non ?

Hahahahaha…

Le personnel du musée est juste irresponsable. Le film montre bien de images de guerre, de bombardements, et il y a même des lumières rouges au plafond qui accentuent l’effet.

C’est tout pour moi, je mets mon casque et j’arrête de regarder. Et je me dis que finalement, heureusement que le musée ne tient pas sa promesse d’immersion.

Entre temps, quelque chose m’a interpellé dans les 2 films que je viens de voir. Je profite du reste de la vidéo pour faire des recherches qui confirment rapidement mes suspicions.

La Cité de l’Histoire appartient à la société Amaclio Productions, producteur de spectacles historiques connu pour ses techniques de video-mapping.

Que dit-on sur Amaclio Productions sur internet ?

L’Humanité, journal de gauche, titre “Amaclio Productions, l’histoire au service de l’extrême-droite”.

Conflits, média tenu par un ancien politique d’extrême-droite, dit “Finalement, La Cité de l’Histoire s’inscrit dans le même « combat » que des sites comme le Puy du Fou.” Le Puy du Fou qui, rappelons-le, été fondé par Philippe De Villiers, également ancien politique d’extrême-droite. Les autres médias qui font la promotion de la Cité de l’Histoire sont des médias catholiques de droite.

Bref, je l’avais bien flairé, la Cité de l’Histoire montre une certaine vision de la France supérieure et toujours victorieuse.

Quand arrive le 3ème film, sur Jules César, j’ai décroché. Dommage, c’est celui qui a les plus joli vidéo-mapping et qui nous immerge le plus dans ses décors. Ca attire mon attention juste assez pour que j’entende qu’on parle de “barbares latins” pas encore colonisés par la République romaine.

Une fois le supplice des ces 3 films passé, il nous reste encore à voir le parcours immersif qui propose de remonter dans le temps.

Le parcours immersif

La première salle du parcours nous ramène à l’entrée de la France dans l’Union Européenne, avec la signature du traité de Maastricht, sous le gouvernement d’Edith Cresson en 1992.

Maintenant qu’on a compris les valeurs du musée, je trouve très étonnant qu’on nous vente les mérites de la première femme première ministre.

Ah, attendez, on nous explique ensuite que le travail pour arriver à l’Union Européenne a été commencé par le général de Gaulle ! Je me disais aussi !

On remonte donc à la deuxième guerre mondiale, puis à la première, puis on se retrouve dans des mines où l’on nous parle de l’avancée technique de la France avec le charbon. On élude la Révolution française, la salle qui lui est consacrée est réduite à un magasin dans lequel un comédien nous dit qu’il va fermer vu comme ça tire dehors. Bah oui, puisque la Révolution est une nuisance… Par contre, on n’oublie pas la monarchie de juillet, Napoléon, ou de nous rappeler que la langue et la culture française dominaient à la cour de Louis XVII.

Le parcours immersif est effectivement immersif, contrairement à l’Ellipse 360, animé en plus par des comédiens le week-end et pendant les vacances. Mais pas d’erreur, les valeurs véhiculées sont bien les mêmes que dans l’Ellipse.

Conclusion

Le paradoxe de la Cité de l’histoire, c’est qu’elle a un objectif clair à mes yeux : faire des jeunes visiteurs de bon petits patriotes. Mais malheureusement, ou plutôt heureusement, elle ne leur ai pas accessible ! Je trouve indécent que le musée accepte la visite d’un groupe venu d’une école maternelle et ne fasse aucune recommandation d’âge nul part, ni sur le site internet, ni sur place.

Les excellentes notes que j’ai vues me choquent vraiment. Parce qu’il y a des écrans géants, quelques comédiens bien costumés et des installations en Lego et en Playmobils, ça en ferait une super sortie familiale ? Heureusement, quelques autres commentaires déplorent la qualité du son et la complexité de ce qui est présenté. Mais personne ne parle des valeurs du musée, et ça, ça me fait très peur…

Mais si vous, cette vidéo vous a donné envie de ne jamais mettre un pied à la Cité de l’histoire, likez ou commentez !

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