Exercice proposé lors du 1er atelier d’écriture de la médiathèque d’Epinay-sur-Orge.

Vous êtes un (enfin une) moustique qui a réussi à entrer dans un logement familial, il est 20h. Écrivez un court texte sur les heures qui vont suivre.


20h. La plupart des gens sont rentrés du boulot, moi, j’embauche juste.

Ca va encore être une nuit compliquée, les gens vont se débattre dans tous les sens quand ils vont m’entendre arriver. Les plus motivés essayeront de me chasser d’un revers de la main.

J’aimerais leur faire comprendre que, comme eux, je dois travailler pour me nourrir et nourrir mes enfants.

Attendez, je me suis peut-être mal faite comprendre : je ne suis pas infirmière ou aide-soignante de garde, non non ! La suite va vous aider à y voir plus claire.

A mon arrivée, les plus motivés voudront carrément me traquer, aller chercher la tapette à mouches ou pire, la raquette électrique.

Voilà, je suis une moustique. Oui, une moustique, car vous savez que ce ne sont que les femelles qui vous piquent. Alors, j’en appelle au plus féministes d’entre vous, vous pourriez nous laissez tranquilles !

Enfin, c’est partie pour cette nouvelle nuit. J’aurais aimé trouver une fête dans un jardin, c’est toujours plus facile. Mais il n’y avait pas de ça dans le secteur ce soir, alors je suis entrée par la fenêtre d’un appartement.

La lumière était allumée, mais personne dans la cuisine ni le salon. Il est tôt pourtant.

La salle de bain peut-être ? Une personne nue, c’est bien plus facile à piquer, mais en même temps, il y a le jet d’eau… Mais personne non plus.

Je trouve la chambre et effectivement, il y a quelqu’un dans le lit. J’entame mon approche et oh ! Bonheur, la personne ne se débat pas ! Je plante gaiement ma trompe et commence à boire.

Mais… rien ne vient ? Je pique ailleurs, toujours rien. Je pique dans le cou… Toujours rien. Maintenant que j’y pense, la peau de cette personne est étonnament froide pour cette journée d’été.

Alors ça, c’est une première ! J’ai piqué une personne morte !

Je continue ma nuit à travers d’autres appartements de l’immeuble. Après tout, je n’ai toujours pas mangé, et le goût que ce défunt m’a laissé…

Après quelques heures, je tombe sur un Motivé avec tapette et raquette.

Une course-poursuite à travers son appartement démarre, jusqu’à la porte d’entrée qu’il ouvre simplement pour me faire sortir.

C’est alors que son chien, réveillé par les bruits de la lutte, bondit dans le couloir.

Le maître le suit pour le faire rentrer, d’abord agacé puis intrigué par le comportement de l’animal qui renifle et gratte obstinément à la porte d’un voisin.

Avec tout ce bazar, la maîtresse du chien a fini par sortir à son tour. Elle renifle, fronce le nez et dit “depuis combien de temps on a pas croisé Gérard ?”

Gérard ? Ce serait mon défunt ?

Motivé rentre le chien et revient avec son téléphone pour appeler les secours.

Je reste encore un peu. Ça me dit bien de fêter mon acte héroïque avec du sang de pompier.


Photo de National Institute of Allergy and Infectious Diseases sur Unsplash

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