Salut tout le monde, bienvenue dans un nouvel article du O dans TOC !
Cette semaine, on parle du générique de Dallas.
Alors oui, Dallas : diffusé bien avant ma naissance, et peut-être poussiéreux voire inconnu à vos yeux.
Pourquoi en parler aujourd’hui ?
D’abord, parce que c’est un classique de la télévision, que j’ai adoré découvrir quand j’étais au lycée.
Ensuite, parce qu’on va parler adaptation française et marketing, le sujet de mon mémoire, que j’abordais déjà dans une de mes toutes premières vidéos sur Alice Roy et Nancy Drew — je vous remets le lien.
Et enfin, parce qu’on va parler générique de série, un sujet qui me passionne énormément. Si ça vous intéresse, vous pouvez aussi jeter un œil à ma deuxième chaîne YouTube, le lien est juste en dessous.
Allez, c’est parti !
UN AIR QUE TOUT LE MONDE CONNAÎT
🎶 « Dallas, son univers impitoyable… »
Qui n’a jamais entendu ce petit air ?
Et pourtant, quand j’ai découvert Dallas sur les DVD de mes parents, surprise :
👉 le générique n’avait pas de paroles,
👉 et surtout, ce n’était même pas cette musique-là.
Alors comment c’est possible ?
C’est exactement ce qu’on va voir dans cette vidéo.
Et au passage, on va aussi parcourir l’histoire du générique de Dallas, mais plus largement tout l’univers musical qui s’est développé autour de la série.
1. POURQUOI LE GÉNÉRIQUE DES DVD N’EST PAS CELUI DE LA TÉLÉ ?
Commençons par la réponse courte.
Dans les années 80, lors de la première diffusion télé, le générique français et le générique américain ne sont pas les mêmes.
La raison principale : les droits musicaux français.
Ces problèmes de droits seront levés dans les années 2000, ce qui permettra aux DVD de sortir avec le générique original américain.
Mais peu de gens savent que le générique français que tout le monde connaît n’a absolument rien à voir avec le générique américain.
Alors maintenant…
👉 place à la réponse longue : l’historique complet.
2. LE GÉNÉRIQUE AMÉRICAIN
À l’origine, les génériques de Dallas sont des mélodies instrumentales sans paroles, composées à partir de 1978 par Jerrold Immel.
Et Jerrold Immel, ce n’est pas un inconnu.
On lui doit aussi les thèmes de séries cultes comme :
- Hawaï Police d’État
- Sergent Anderson
- L’Âge de cristal
Il écrira également :
- le générique de Côte Ouest, le spin-off de Dallas, dès 1979
- et celui de Dallas : quand tout a commencé…, un téléfilm de trois heures servant de genèse à la série, situé 30 ans avant l’intrigue originale.
Les génériques américains de Dallas évoluent au fil des saisons.
Concrètement, c’est toujours la même mélodie, mais avec des orchestrations de plus en plus riches, et surtout des tonalités de plus en plus aiguës — un détail que j’ai toujours trouvé très drôle.
3. LE GÉNÉRIQUE FRANÇAIS : UNE QUESTION DE CONTEXTE
Dans les années 70 et 80, la SACEM, la Société des auteurs et compositeurs de musique, est extrêmement puissante en France.
Elle impose une règle claire aux chaînes de télévision :
👉 pour toute série anglo-saxonne diffusée en France, il faut un générique écrit et composé sur le territoire français afin de générer des droits nationaux.
Mais ce choix n’est peut-être pas seulement juridique ou économique.
Le générique de début joue aussi un rôle déterminant dans l’attractivité d’un programme.
Il peut influencer le choix du téléspectateur, et marque symboliquement le lancement du rituel télévisuel en début de soirée.
Avec le temps, le générique dépasse sa simple fonction informative.
Il devient :
- un marqueur fort de l’univers de la série,
- un outil de séduction,
- parfois même un véritable objet artistique autonome.
Modifier un générique, c’est donc aussi adapter une série aux goûts et aux attentes du public cible.
4. LE CAS DALLAS EN FRANCE
Le générique français de Dallas illustre parfaitement cette logique.
La musique est puissante, immédiatement reconnaissable.
En France, les paroles annoncent très rapidement le titre de la série.
Et l’apparition du logo, massive et dynamique, ne laisse aucun doute : la série commence.
La version française est écrite par Jean Renard et Michel Salva, et interprétée par Marc Demelemester, surnommé Rocky, ancien guitariste de Johnny Hallyday.
Pour l’occasion, il devient aussi le chanteur vedette du groupe Dallas, créé spécialement pour accompagner la sortie du générique.
Jean Renard, lui non plus, n’en est pas à son coup d’essai.
Il a composé pour :
- Sylvie Vartan
- Johnny Hallyday
- Mike Brant
- Carlos
- et même le générique du dessin animé Rémi sans famille.
5. UN GÉNÉRIQUE FRANÇAIS QUI A FAILLI CHANGER
En France aussi, le générique de Dallas aurait dû évoluer.
Lors de la toute première diffusion de la saison 2, en 1982, c’est une autre chanson qui ouvre les épisodes :
🎵 Dallas Ville Mirage, écrite par les mêmes Jean Renard et Michel Salva.
La chanson ne marquera pas les mémoires du grand public, elle est aujourd’hui considérée comme une petite pépite par les connaisseurs.
6. ZOOM SUR LE CHANTEUR : UNE HISTOIRE IMPROBABLE
On l’a vu, le chanteur du générique est Marc Demelemester.
Mais à la base, ça n’aurait jamais dû être lui.
Il racontait cette histoire lors d’une interview sur Europe 1.
À l’époque, il est en studio avec les musiciens de Johnny Hallyday pour enregistrer l’album La Peur.
Le producteur Jean Renard arrive avec une maquette et leur demande de l’enregistrer, sans plus d’explications.
Ils le font… et oublient complètement. C’était commun à l’époque.
Quelques temps plus tard, Jean Renard revient :
👉 la maquette a été choisie pour une série américaine appelée Dallas.
👉 l’idée initiale est de faire interpréter la chanson par Joe Dassin.
Mais entre-temps, Joe Dassin décède.
Des auditions sont organisées, sans succès.
Finalement, la maison de disques, CBS et TF1 prennent une décision commune :
👉 la voix de la maquette sera la voix définitive.
Et c’est ainsi qu’une partie de l’orchestre de Johnny devient… le groupe Dallas.
C’était d’ailleurs une de ses plaisanteries préférées. Sur scène, il présentait son guitariste en disant “Vous ne savez pas, c’est celui qui chante le générique de Dallas”.
Bien sûr, le public réclamait la chanson.
7. LES PARODIES
Quand une série et son générique deviennent aussi cultes, les parodies ne tardent jamais.
Parmi les plus marquantes :
- Brie-Comte-Robert, par l’équipe de Coco-Boy, avec Philippe Bruneau dans le rôle de J.R. — ou plutôt Jean-Robert
- Arras, une adaptation du générique par les Nordistes devenue un véritable hymne régional.
Je vous mets évidemment les liens pour les découvrir ou les redécouvrir.
8. SÉQUENCE JUKEBOX : DALLAS LES A FAIT CHANTER
Les chansons inspirées par la série
Dallas n’a pas eu que des parodies. Elle a aussi connue ses chansons d’amour.
En 1982, la France est tenue en haleine par l’épisode mythique Qui a tiré sur J.R. ?, le groupe Fréquence sort un 45 tours intitulé Qui a tué J.R. ?.
Un an plus tard, Ariane Carletti, animatrice de Récré A2, nous répète qu’elle est Amoureuse de J.R.
Le clin d’oeil à Dallas le plus récent date de 1999 avec le rappeur suisse Fidel Escro qui propose sa vision des choses dans son album Double Pact.
Les acteurs et actrices qui chantent
Même si le générique américain est instrumental, les acteurs et actrices de Dallas ont presque tous sorti de la musique, parfois inédite en France ou même en français !
- Larry Hagman, alias J.R., sort en 1980 un 45 tours inédit en France : My Favourite Sins
- Victoria Principal, alias Pamela, chante en 1981 une reprise de All I Have to Do is Dream avec Andy Gibb des Bee-Gees
- Patrick Duffy, alias Bobby bien sûr, fait son apparition aux côtés de Mireille Mathieu dans l’émission Champs-Élysées, présentée par Michel Drucker, en 1983. Ils interprètent le titre disco Together We’re Strong, dont le 45 tours remportera un certain succès en Europe.
- Charlene Tilton, alias Lucy, chante en français avec C’est la vie en 1984
- Audrey Landers, alias Afton Cooper, mène une vraie carrière musicale avec sept albums salués par la critique.
Et elle ne s’arrête pas là.
Vous le savez, je suis fan de comédies musicales. A l’époque où je regardais Dallas, j’ai aussi découvert le film A Chorus Line, et j’ai eu la surprise d’y retrouver Audrey Landers !

Fait amusant : le réalisateur du film voulait de jeunes danseurs et acteurs inconnus. Madonna avait auditionné pour le film, mais n’a pas été retenue… alors qu’Audrey Landers, elle, a été choisie, parce que le réalisateur ne connaissait pas du tout Dallas. Difficile à imaginer aujourd’hui.
J’étias absolument persuadé qu’une 2ème actrice de Dallas était dans A Chorus Line, je pensais que c’était Charlene Tilton même, mais pas moyen de retrouver l’information. C’était peut-être un rôle très secondaire.
CONCLUSION
Si vous êtes fan de Dallas,
👉 est-ce que cet article vous a appris des choses ?
Si vous avez cliqué par hasard et que vous êtes encore là,
👉 qu’est-ce qui vous a donné envie de tout lire ?
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À bientôt pour un nouvel article du O dans TOC !




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