Défi d’écriture #1 du calendrier de l’après de @brouillons.bouillants : écrire à partir des mots autour de soi.

Depuis le RER du matin et en moins de 2000 caractères, j’ai tenté un twist pour changer du point de vue de la personne qui va au travail.


Mots : Train, passagers, musique, conversations, téléphones, livre, sacs, dormeur, lumière, ville, feuilles


Tous les jours depuis ses champs, il voit passer les RER pour Paris. Ils se remplissent autour de 8h, et de nouveau autour de 18h.

Il en imagine les passager·es. Sont-iels en pleine conversations, animé·es par les lumières des wagons ? Ou comme lui, encore à moitié endormi quand il commence à nourrir ses vaches ?

À quoi ressemble le quotidien d’un·e ingénieur·e ou d’un·e chef·fe de projet ? À ses yeux, ça a toujours sonné comme de faux métiers. Sa belle-soeur est “cheffe de projet en communication interne” pourtant, mais il ne comprend toujours pas l’utilité de son travail. Quand il doit parler à ses ouvrier·es, il le fait directement, il ne monte pas un projet.

Ce qu’il sait en tout cas, c’est que ses journées consistent à être assise au chaud dans un train, puis assise au chaud dans un bureau, puis de nouveau assise au chaud dans un train, avec les mêmes horaires chaque jour et les week-ends libres.

Est-ce que ça lui semble confortable, ou ennuyeux ? Tout dépend de si vous lui poser la question en été ou en hiver.

Parfois, il s’imagine en costume-cravate, lunettes à la Clark Kent, l’air sérieux pour mener une réunion importante.

Ensuite, il se dit qu’il mène déjà des réunions importantes. Que le bleu de travail et la casquette sont la tenue dans laquelle ses ouvrier·es agricoles le prennent au sérieux.

Presque tous les jours la même discussion intérieure. A ce stade de la réflexion, ses ouvrier·es agricoles arrivent. A l’heure d’embaucher, pas une minute plus tôt. Iels travaillent la musique sur les oreilles. A la pause, iels consultent tous·tes leur téléphone. Et le soir, iels repartent à l’heure de débaucher, pas une minute plus tard.

Ces comportements, sa belle-soeur cheffe de projet s’en plaint aussi. Alors, il se dit que le monde du travail change partout et il sort de sa rêverie.

Et en voyant les ouvrier·es penché·es sur leurs portables, il se dit que pour leur communiquer la répartition du jour, il aurait presque besoin d’une cheffe de projet.

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