Salut tout le monde ! Aujourd’hui, on va parler d’un film qui m’a évidemment remuée puisque je pleure tout le temps : La petite dernière, l’adaptation du livre de Fatima Daas.
Je précise tout de suite : je n’ai pas lu le livre, donc tout ce que je vais vous dire ici sera mon ressenti sur le film uniquement.
Si vous l’avez vu, si vous comptez le voir, ou si vous êtes juste curieux·ses de comprendre ce que le film raconte sur la famille, la religion et l’identité, restez avec moi : on va plonger dedans.
Je sais que le roman est écrit à la première personne, et on sent que la réalisatrice, Hafsa Herzi, a voulu garder ça. Tout est centré sur Fatima : les plans sont serrés, on reste littéralement collés à elle. On connaît à peine les autres personnages, on ne sait même pas les prénoms des membres de sa famille. C’est son histoire, son regard.
J’avais entendu des gens dire que le film était “trash”. Alors… j’aimerais savoir : on parlait des conversations d’ados ? Ou du sexe lesbien ? Parce que… en tant que lesbienne qui a fait sa thèse en “lesbianisme appliqué” – ça veut dire que j’ai grandi avec The L Word, La Vie d’Adèle et tout ce qu’il y a entre les deux – et aussi en tant que personne qui a traîné tout le collège et tout le lycée avec des mecs… rien ne m’a choquée.
La seule partie qui m’a mise un peu mal à l’aise, c’est le comportement du couple de lesbiennes plus âgées. Mais bon… c’est une autobiographie, donc difficile de juger sans juger la vraie vie.
Les dialogues sonnent hyper juste, les situations sont crédibles, et alors… Nadia Melliti, l’actrice principale, interprète parfaitement le rôle.
Maintenant, parlons d’un truc : les mecs au lycée passent leur vie à parler de sexe — jusque-là, réaliste. Mais Fatima qui ne sait pas ce qu’est un gode, un 69… ? Un cunnilingus, ok, pour ça je veux bien : déjà que les hommes adultes ne savent pas où est le clitoris, alors des lycéens… mais tout le reste ? Disons qu’elle décroche complètement quand ils parlent de ça.
Plus sérieusement : le film illustre super bien la dualité qu’on vit quand on n’est pas out auprès de sa famille. C’est-à-dire quand la famille ne sait pas qu’on est lgbt.
La transition directe entre une scène en boîte et une scène à la mosquée est particulièrement frappante.
Hafsia Herzi réussit à montrer exactement ça : la joie queer, et en même temps les conséquences de l’homophobie, la peur, le secret. La vie qu’on mène dehors, et celle qu’on cache dedans.
C’est un film contemplatif. N’attendez pas de morale. Pas de réassurance. Pas de “tout va bien se passer”.
Il n’y a aucun jugement : ni sur Fatima, ni sur sa famille. Si vous êtes concerné·e, vous allez peut-être y trouver du réconfort — juste de voir que d’autres vivent les mêmes choses que vous.
Mais le film ne vous offrira pas une fin heureuse et il peut être très dur à regarder pour ça.
Il montre juste une réalité : le statu quo présent dans beaucoup de familles musulmanes. On sait peut-être. On ne dit pas. Et on avance comme ça.
Et il n’y a pas non plus de jugement sur le fait que Fatima ne fréquente que des femmes plus âgées. Ça aurait pu être nuancé, oui. Mais c’est aussi une réalité : beaucoup de jeunes lesbiennes doivent se mettre en danger pour vivre un bout de leur vie.
Pour vous donner un exemple : la première fois que je suis allée à la Mutinerie, j’avais 20 ans. J’y ai embrassé une fille, on discute, et j’apprends qu’elle a 16 ans. Elle disait à ses parents qu’elle dormait chez une copine, mais elle passait des nuits chez des filles rencontrées le soir-même, ou elle traînait dans les bars jusqu’au premier RER. J’ai coupé court. Mais ça existe. Et le film ne le commente pas, il le montre juste.
En résumé : La petite dernière, c’est pas un film qui rassure, c’est un film qui expose. Et il le fait très bien, grâce à la justesse de l’écriture et du jeu.
Si vous avez vu le film, dites-moi ce que vous en avez pensé dans les commentaires.
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