Mes connaissances préalables
Je ne connaissais pas du tout l’histoire du Lac des cygnes. Je savais seulement que c’était un balais, et j’en connaissais en gros les petits morceaux qu’on peut voir jouer par les enfants qui font de la danse classique dans les séries, et la musique principale. J’y associais une image de fond sombre et de petites filles en tutu blanc.
Je ne savais pas non plus que Swan Lake était une interprétation différente.
La page Wikipedia de Swan Lake dit :
Swan Lake est un ballet de Matthew Bourne, créé en 1995, sur la musique du Lac des cygnes de Tchaïkovski.
La différence majeure de cette interprétation par rapport aux autres interprétations plus classiques du Lac des Cygnes est que les cygnes sont dansés en force et puissance par des hommes plutôt qu’en grâce et légèreté par des femmes.
Bref, je n’avais aucune idée que j’allais découvrir une intrigue digne de Grease, réhaussée du parcours d’un homme gay tourmenté et de métaphores qui m’ont émue aux larmes !
Ce que j’en ai compris
Au début du spectacle, on n’avait pas tout compris. Je vais d’abord parler de ce que j’avais compris, en ensuite je lirai un résumé pour voir si c’était bien ça.
J’ai d’abord hésité sur la relation du personnage principale et de la femme qui l’accompagne. J’hésitais entre :
- ce sont le roi et la reine qui vont tous les deux voir ailleurs ;
- ce sont le prince et la princesse qui sont frères et sœurs et qui cherchent tous les deux l’amour ;
- ce sont le fils prince et la mère reine.
Mais au fur et à mesure, j’ai cru comprendre, qu’ils étaient bien un couple.
J’ai aussi hésité sur ce que représentaient les cygnes :
- la mort, comme le grand oiseau dans Émilie Jolie ;
- les gays, signifiant que le personnage principal est gay ;
- les marginaux en général ; signifiant que le personnage principal a du mal à trouver sa place, mais pas forcément à cause de son orientation.
Je suis arrivée à la conclusion qu’ils représentaient à la fois l’homosexualité et une personnification de la mort.
Finalement, le seul point qui me troublait arrivée à la fin est pourquoi les cygnes attaquent le personnage principal et le chef des cygnes doit les chasser. Je pensais avoir compris tout le reste.
L’histoire réelle et ce que je n’avais pas compris
La relation entre les deux personnages principaux est bien celle de mère et fils. C’est pourtant celle pour laquelle je penchais le moins, mais c’était la supposition principale de ma copine !
Je n’avais pas compris que la princesse lui avait été imposée, je pensais qu’il l’avait choisi de lui-même pour faire comme sa femme qui allait voir ailleurs.
La premier tableau avec les cygnes est décrit sur Wikipedia comme le premier signe de démence du prince. Personnellement, j’y ai vu un rêve qui reflétait son mal-être et son envie de partir quelque part où il se sentirait mieux, et peut-être son envie de mourir. Parce qu’il tombe souvent quand il danse danse le monde réel, mais suit de mieux en mieux les pas du chef des cygnes et est de plus en plus à l’aise à mesure que la séquence de rêve avance, comme si cet endroit avec des gens comme lui lui correspondait.
Effectivement, selon le synopsis, il écrit sa lettre de suicide dans cette séquence, ce que je n’avais pas saisi, mais j’avais bien vu l’envie de mourir. Il la déchire ensuite, car la rencontre sensuelle avec le cygne lui apporte ce qu’il a toujours désiré et lui rend la raison et la joie de vivre.
Il y a des détails sur les relations entre le Directeur du cabinet, son fils et la reine, mais je ne pense pas qu’on puisse comprendre ça juste avec ce ballet, donc je vais passer dessus.
Ensuite j’ai compris pas mal de choses de travers.
Lors du bal, le prince est jaloux que sa mère danse avec un étranger qui ressemble au chef des cygnes. Les passages où le prince danse avec le cygne sont dans son imagination, ce dont je n’étais pas sûre. L’assistance ne se moque donc pas du prince parce qu’elle découvre son homosexualité, mais parce qu’il agit bizarrement dans sa colère et sa jalousie. Ensuite, je croyais que le prince saisissait un pistolet pour se suicider, mais c’était en fait pour tuer sa mère par jalousie, c’est pour cela qu’on tire sur lui en retour.
Et donc après cela, le prince est interné en psychiatrie non pas parce qu’il est gay comme je le pensais, mais parce que jugé fou, puisqu’il a essayé de tirer sur sa mère.
Enfin, la raison pour laquelle les autres cygnes attaquent non seulement le prince, mais aussi le chef des cygnes à la fin est leur jalousie, car le chef des cygnes favorisent le prince par rapport à eux.
Le ballet
Je suis très fan des comédies musicales américaines et anglaises. J’en ai vues sur scène, en film et j’ai joué dans quelques-unes. J’ai vu une ou 2 comédies musicales françaises aussi. J’ai l’habitude d’aller voir les spectacle de danse des associations locales, qui racontent plus ou moins une histoire ou en tout cas dont les tableaux suivent un thème commun, et j’ai fait de la danse moi-même.
Mais je n’avais jamais vu de ballet, et je ne savais pas si ça allait me plaire. J’ai vraiment eu peur de ne pas aimer Swan Lake, parce que les premiers tableaux ne m’ont pas plu ! J’ai trouvé que, là où ça se voulait probablement très carré, étant donné que ce sont des danses de domestiques et de militaires, c’était un peu brouillon et chargé, les danseurs et danseuses se marchaient dessus. Ce qui m’a ramenée à la critique que j’avais déjà eu pour la Seine Musicale : la scène est trop petite ! J’y avais vu Mamma Mia! il y a quelques années, et j’avais aussi trouvé que la taille de la scène ne permettait pas de rendre l’énergie que je connaissais du film.
Mais passée cette entrée en matière, peut-être tintée de mes à-priori sur la salle où j’avais aussi vu le Starmania de 2022 et le concert de Janelle Monaé de juillet 2024, j’ai vraiment beaucoup aimé les chorégraphies des cygnes, leurs mouvements spécifiques, ainsi qui les tangos chargés de tension sexuelle tel celui de Rent, ma comédie musicale préférée.
J’ai été épatée par toute l’histoire et toutes les nuances d’émotions qui pouvaient passer par seulement la musique et la gestuelle, sans mot, notamment le jeu de sentiments contradictoires entre le prince et sa mère.
C’est une façon de jouer vers laquelle on tend parfois en théâtre d’improvisation quand on se donne la contrainte de ne faire que des bruitages voire aucun son, mais sans être aussi extrême. Ca m’a fait réfléchir sur ma pratique du théâtre, j’ai trouvé ca intéressant.
Les visuels
Malgré la taille de la scène que je trouve contraignante, les décors étaient incroyables ! Plutôt simples, dans le sens pas trop chargés, mais bien pensés et rendant un effet grandiose. Mention spéciale pour le lit géant en perspective qui devient un bateau.
Les costumes étaient tous très beaux, en particulier ceux des cygnes et les robes de soirées.
Les jeux d’ombres, comme le prince dans son miroir et les mains des infirmières, étaient aussi très intéressants et beaux, et donnaient une autre dimension au spectacle.
La fin
En conclusion, même si je n’avais pas tout à fait compris le spectacle de la façon dont il a été imaginé, j’ai quand même vu une histoire qui se tenait, qui m’a agréablement surprise et qui m’a émue.
Je pense que la pièce aurait pu se finir n’importe où dans les 3 dernières scènes, quand on commence à comprendre que le prince va mourrir, ce qui signifie aussi qu’il rejoindre les cygnes dans un endroit où il peut être lui-même en tant qu’homme gay.
Cette fin m’a émue aux larmes et comme je le disais, j’ai été frappée par la puissance de la musique et la danse qui m’ont raconté autant et qui m’ont fait ressentir autant sans mots.
C’était une expérience nouvelle et vraiment intéressante et agréable.




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